L’âge mûr de Camille Claudel

Le projet de L’âge mûr est détaillé dans une lettre de Camille Claudel datant de 1890. Ce groupe connaît une première réalisation beaucoup moins ambitieuse que celle que l’on connaît et qui fait dire aux habitués de l’œuvre de Camille Claudel que l’artiste s’est mise en scène dans cette allégorie du temps qui passe et de la mort qui arrache aux vivants les futurs cadavres dont elle se repaîtra. Il est en effet tentant d’imaginer Camille suppliant la vieille compagne de Rodin de lui laisser son amant, mais ce serait négliger ce détail : c’est bien Camille Claudel qui a quitté son amant et qui n’a jamais cédé lorsque Auguste Rodin la suppliait pour la revoir.

Eugène Blot, un galeriste reconnu et passionné par la personnalité et lœuvre de Camille Claudel, réalisera  et commercialisera une réduction en bronze de cette sculpture en 1907. à cette date, Camille est déjà la proie des créanciers et de quelques fantômes qui auront la peau de sa santé mentale, c’est-à-dire six ans avant son internement.

Il est intéressant de préciser que le personnage de la jeune femme implorante fut extraite du groupe et connu sa propre destinée sous le titre de... L’implorante...